Les plus grands entraîneurs: Raymond Goethals: Le sorcier belge
«La Science» ou «Le sorcier belge», tels étaient les surnoms de Raymond Goethals. On pourrait y ajouter le «Malicieux» ou encore «Le plus Marseillais des Belges».
Il connaissait le football sur le bout de doigts. Une passion qui l'animait du soir au matin et qu'il se faisait un plaisir de partager à l'ami comme au curieux.
Toujours prêt à griffonner un schéma tactique sur un coin de table, il ne fallait pas non plus le prier pour qu'il explique une fois de plus, avec son accent inimitable, comment il piégea le grand Milan en 1991 puis en 1993, les plus grandes fiertés de sa prestigieuse carrière.
Une personnalité hors-norme que les supporters marseillais ont découvert chez «l'ennemi bordelais» lors de la saison 1989-90. «En 1990, Tapie m'a appelé pour me dire : «Toi, qui m'a tant fait chier l'année dernière avec Bordeaux, je veux te rencontrer. J'ai une proposition à te faire». Je suis allé au rendez-vous, et il m'a alors dit qu'il recherchait un entraîneur susceptible de lui faire gagner la coupe d'Europe. La vraie, hein, celle avec les grandes oreilles. Je lui expliqué que pour ça il fallait une bonne équipe mais aussi de la chance. Et que bien sûr, je ne savais pas garantir ces choses-là. On est resté là-dessus et on est allé manger. A la fin du repas, il me regarde et il me dit : «J'vais t'prendre. Et tu sais pourquoi ? Parce que toi au moins, tu ne me promets rien». Et voilà, c'est ainsi que tout a commencé», racontait-il en 2003, dans la préface du livre consacré aux 100 matches qui ont fait la légende du club (*).
La suite, ce sont trois titres de champion de France offerts à Marseille. Et au terme de chaque sacre, un départ... pour mieux revenir quelques mois plus tard. Pompier de service, toujours au service de la cause bleue et blanche, il revint ainsi une dernière fois à l'automne 1992. Au bout du chemin, la «coupe aux grandes oreilles» et une révérence cette fois définitive.
«Cette période passée à l'OM a été pour moi source de plaisir et de satisfaction. Ce stade toujours rempli, ce tonnerre de voix, c'est unique ! Ce sont des années qu'on ne sait pas oublier», se remémorait-il.
En 2004, il rejoint au panthéon olympien Mario Zatelli, également disparu cette année. Le bon Dieu a bien de la chance...